mardi 12 février 2013

La colère

La semaine dernière, j'étais en colère ... Ou plutôt : la colère qui était en moi s'est exprimée.
L'important ici n'est pas de savoir pourquoi, mais comment.
C'était une bonne colère, une colère juste, de celles qui font monter le Qi (énergie vitale) et qui vous nourrissent de l'intérieur pour entretenir le bon feu revitalisant de la joie. Oui oui, vous avez compris, je suis Aude, praticienne de Médecine Chinoise et je vous parle énergétique chinoise des émotions !
Mais c'est une vraie expérience que je partage avec vous ; la semaine dernière j'ai exprimé une colère juste et j'en ai été récompensée.
La colère peut-elle être juste ? Et bien oui, parce qu'elle exprime une désapprobation face à un acte ou un fait ayant entraîné une injustice envers soi ou autrui. Elle est légitime et donc saine pour autant qu'on la libère sans agressivité ni haine. Elle est harmonisante, puisqu'elle concerne un acte ou un fait et non une personne. Elle exprime un sentiment et appelle à l'empathie.
La colère que nous appellerons pathologique est excessive ou au contraire non exprimée. Elle lèse le corps dans ses fonctions d'harmonisation. Elle lève un vent interne destructeur qui va attiser le feu de l'incendie. Excessive ou rentrée, la colère nous nuit, elle brûle à l'intérieur et/ou à l'extérieur. Elle épuise notre Qi. Si l'amour rend aveugle, la colère aussi ...
Voilà pourquoi j'ai choisi de l'exprimer le plus justement possible (et aussi parce que mon enfant était présent et que c'était l'occasion de montrer le bon exemple!).
J'ai senti monter en moi ce sentiment de "ras le bol", le souffle me manquait, je n'arrivais pas à me concentrer sur ma lecture, j'avais du mal à m'exprimer, du mal à voir ... Tout mon corps se tendait vers cette souffrance intérieure qui bloquait ma pensée et mes sens. Je me suis dit que si ce sentiment montait en puissance il finirait par sortir de manière non contrôlée et donc violente.
J'ai soufflé : un long souffle, et puis un autre (petite inspiration, grande expiration).
Ma voix encore tremblante de devoir retenir cette énergie explosive, j'ai commencé par dire mon malaise :
"Je ne peux pas continuer à faire comme si de rien n'était, je me sens en colère, frustrée de devoir retenir cette sensation, je voudrais exprimer mon ressenti sur ce qui se passe".
La surprise passée, les personne présentes se sont enfin posées, nous ont regardés (mon fils et moi) enfin comme des êtres vivants et surtout "ressentants" (pardon pour le néologisme). Et ils nous ont écoutés, vraiment écoutés. Certaines choses ont été difficiles à entendre et ils ont parfois réagi, sur la défensive, mais au fur et à mesure, le respect s'est installé de chaque côté et nous avons pu échanger. Eux aussi étaient en souffrance de ne pouvoir agir aussi humainement qu'ils le souhaiteraient, ils étaient happés par la machine, comme beaucoup d'entre nous.
C'est pourquoi la colère doit être dirigée vers un acte ou un fait, et non une personne : nous ne somme pas ce que nous faisons. Les actes sont fixes, les personnes changent.
Les choses ont pu se débloquer favorablement, au delà même de ce que j'espérais. Mon fils a eu une belle leçon de vie (c'est déjà ça !) et repris confiance. Je me sens plus légère, mais dans le bon sens : je n'ai pas "déchargé" ma colère aveuglément et sur n'importe qui.
J'ai exprimé justement un sentiment profond d'injustice, d'humain à humain. Ca fait du bien, dans mon corps apaisé et dans mon esprit retrouvé.

Merci de m'avoir lue.
N'hésitez pas à réagir, partager une expérience, ou contacter l'association pour plus de détails, notamment sur la MTC (Médecine Traditionnelle Chinoise) et ses relations aux émotions, le sujet est vaste.
Très bonne journée à tous et toutes, A bientôt.
Aude

1 commentaire:

  1. Merci Aude pour ce témoignage,c'est vrai que parfois on laisse la colère nous étouffer, on la rumine des heures durant sans savoir l'exprimer, sans oser l'exprimer le plus souvent. Laisser parler ses émotions n'est pas toujours facile, et savoir dire sa colère sans en reporter le poids sur une autre personne l'est encore moins. Nul doute que ton fiston n'en tire une belle leçon de vie.

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